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Conférence
Orientations du premier rapport annuel de l'ONED
au parlement et au gouvernement
__________
Paul
DURNING
Directeur de l'Observatoire National de l'Enfance en Danger (ONED)
Je tiens à remercier les collaborateurs du CREAI Rhône-Alpes
d'avoir organisé ce débat, extrêmement important
à mon sens, ainsi que les invités discutants qui interviendront
ensuite.
Je commencerai
par me présenter. J'ai entrepris mes premiers enseignements de
pédagogie générale curative dans le cadre d'une
population «en mesure d'adaptation» entre 1970 et
1971. J'ai ensuite étudié en internat, jusqu'en 1985,
la question de l'éducation des enfants, notamment sur la thématique
de la suppléance familiale et parentale. J'ai découvert
au Québec de nombreux travaux sur les pratiques éducatives
parentales et sur l'activité d'éducation des familles.
Depuis, j'ai progressivement élargi le champ des recherches.
J'ai pu, à ce titre, constituer une équipe de chercheurs
autour des processus éducatifs au sein de la famille, ainsi que
des interventions visant à aider la famille dans ses tâches
éducatives, et à la situation limite de la suppléance
familiale dans laquelle l'enfant est élevé par des professionnels.
Ce contexte historique justifie les nombreux travaux de recherche que
j'ai entrepris dans le cadre de la mission «recherche-expérimentation»,
à la fin des années 80, vouée à la préparation
de la loi du 10 juillet 1989. J'estime d'ailleurs qu'il est très
optimiste de la rattacher à la question des droits des enfants.
L'Observatoire
National de l'Enfance en Danger (ONED) a été préfiguré
par Ségolène ROYAL et mis en place par Christian JACOB
et par le Parlement qui a voté une loi à ce titre. Je
commencerai par une brève présentation de l'Observatoire.
Il est, en effet, impératif de connaître ses caractéristiques
pour mieux comprendre le statut du texte. Je présenterai ensuite
ce texte qui se révèle être un rapport collectif.
PRESENTATION
DE L'OBSERVATOIRE
Le titre
de la loi créant l'Observatoire, à l'instar de la loi
de 1989, a été voté à l'unanimité.
Caractéristiques
générales
«Il
contribue au recueil et à l'analyse des données et études
concernant la maltraitance envers les mineurs, en provenance de l'Etat,
des collectivités territoriales, des établissements publics,
des fondations et des associations uvrant en ce domaine.
Il contribue à la mise en cohérence des différentes
données et informations, à l'amélioration de la
connaissance des phénomènes de maltraitance et recense
les pratiques de prévention, de dépistage et de prises
en charge médico-sociales et judiciaires de la maltraitance
».
Chacun
de ces termes a fait l'objet d'un amendement pour s'assurer qu'il n'en
manquait aucun. Le Sénat et l'Assemblée nationale en ont
d'ailleurs longuement débattu.
«
dont
les résultats évalués ont été jugés
concluants, afin d'en assurer la promotion auprès de l'Etat,
des collectivités territoriales, des établissements publics,
des fondations et des associations uvrant dans de domaine
».
«
Il présente au Gouvernement et au Parlement un rapport
annuel rendu public».
Ses
missions
Six missions
lui sont confiées :
apporter un soutien aux départements
et aux administrations ;
améliorer la connaissance
chiffrée de la maltraitance envers les enfants dans notre pays
;
évaluer la qualité
des dispositifs de protection des mineurs ;
recenser et favoriser un accès
direct aux travaux d'étude, de recherche d'évaluation
et aux pratiques innovantes évaluées ;
conduire et susciter des études,
des recherches et des évaluations ;
constituer un relais avec les
réseaux européens et internationaux.
Les
enjeux
Lors de
conférences, j'ai eu l'occasion de répéter à
maintes reprises, et ce depuis plusieurs années, que la France
ne disposait d'aucun centre de ressources sur les questions liées
à la protection de l'enfance. Par ailleurs, la littérature
grise française se révèle inefficace puisque les
personnes qui étudient une cinquantaine de mesures d'action éducative
en milieu ouvert (AEMO) ignorent complètement les études
effectuées dans d'autres départements. Les savoirs ne
sont hélas pas partagés dans notre domaine.
Aussi cette
lacune reste-t-elle pour l'ONED l'un des principaux enjeux. Certes,
une pression existe sur les données chiffrées mais les
deux objectifs de la création du centre consistent à favoriser
les études et à créer un lieu de ressources sur
les études, les recherches, les évaluations et les pratiques
innovantes. Ce centre nous permettrait ainsi d'élargir la diffusion
des informations. Ce point central se base d'ailleurs sur la création
d'un site internet.
Nous sommes
ici dans le département du Rhône afin de vous présenter
ce rapport, mais également pour examiner un certain nombre de
mesures innovantes qui nous avaient été soumises suite
à une enquête nationale actuellement en cours.
Le
cadre institutionnel de l'Observatoire
L'Observatoire
est inséré dans un groupement d'intérêt public
(GIP), structure permettant d'associer dans sa propre gestion le public
et le privé. Un GIP, déjà existant, gérait
le service national (Allô 119) depuis la loi de 1989. Il avait
permis, depuis plus de douze ans, une cohabitation au sein de l'assemblée
générale et de l'administration entre :
- l'Etat : dix directions ministérielles représentant
entre 40% et 50%,
- l'ensemble des départements français, dont seize
au conseil d'administration, représentant entre 40% et 50%,
- un certain nombre d'associations militantes, soit 20%.
Il est
donc essentiel de repérer la présence de l'ensemble des
ministères concernés et la co-présence des représentants
des départements et de l'Etat afin de comprendre notre organisation.
Les deux services restent néanmoins relativement distincts :
«Allô 119» est une plateforme d'écoute
tandis que le second service est un observatoire.
PRESENTATION
DU RAPPORT
Ce rapport
a été remis le 5 septembre 2005. Avant de le présenter,
je tiens à préciser de quelle manière et dans quel
contexte il a été produit.
La
production du rapport
L'équipe
de l'Observatoire
Les
chargés de mission. Ils proviennent des principaux
ministères concernés : une magistrate de haut grade qui
représente le ministère de la Justice (et qui, à
ce titre, peut l'interroger et s'adresser notamment à la Direction
des affaires criminelles et des grâces), un cadre de la protection
de l'enfance, une inspectrice d'académie de l'Education nationale,
un médecin inspecteur.
Les
chargés d'étude. Caractérisés généralement
par un profil de chercheur, le champ d'action des chargés d'étude
porte non seulement sur des données chiffrées (trois personnes),
mais également sur les interventions sociales (grâce au
recours, par exemple, à des sociologues) et sur les innovations.
Ces chargés d'étude sont expérimentés et
ont exercé une activité de travailleur social.
Une
équipe fonctionnelle. Composée de cinq personnes,
cette équipe s'occupe en particulier du secrétariat, de
la communication et de la rédaction.
Une
unanimité nécessaire
La
diversité des statuts des collaborateurs qui travaillent au sein
de l'Observatoire a retardé la production du rapport, puisque
nous souhaitions qu'il fasse l'objet d'une unanimité interne.
Les débats furent longs et parfois même houleux
Un
travail de terrain
Ces
investigations ont été faites dans une douzaine de départements,
avec un ciblage adapté en partant toujours des services des Conseils
Généraux jusqu'aux principaux partenaires concernés.
Dans le Rhône, nous avons été très bien accueillis,
notamment par le Conseil général. Nous avons également
rencontré le tribunal et les deux unités médicales
d'accueil des victimes.
Le
contenu
En
toute «modestie», ce rapport a pris en compte des
éléments qui figuraient dans d'autres rapports. A ce sujet,
je rappelle que l'Observatoire a été créé
par une loi promulguée le 2 janvier 2004 et n'a en réalité
démarré qu'au mois de mai 2004 pour respecter les démarches
administratives. Toutefois, entre le 2 janvier 2004 et le 6 septembre
2005 (date de la remise du rapport), nous avons eu connaissance de cinq
rapports, de trois propositions de loi, de «l'Appel des Cents»
remis en septembre 2005 et dont le rôle a été essentiel,
d'un certain nombre d'affaires médiatisées et de la publication
d'ouvrages importants dans ce milieu. Aussi,
depuis 2004, le contexte a-t-il multiplié un grand nombre de
réflexions. L'ONED n'a été qu'un épiphénomène
de ce contexte. L'ONED, de par sa position interministérielle,
a participé à l'élaboration de trois de ces rapports.
Il s'en est donc inspiré. Nous avons, par conséquent,
poursuivi notre propre réflexion tout en empruntant des éléments
des précédentes études (rapports BLOCH, NOGRIX
et HIRSH). Ces nombreux rapports furent, à mon sens, relativement
concluants.
La
définition du rapport
Ce rapport
de quatre-vingt-dix pages ainsi que deux synthèses, respectivement
de sept et une page(s), sont téléchargeables sur le site
http://www.oned.fr.
Il se compose
de trois chapitres :
- un premier chapitre, centré sur l'analyse du système
de protection de l'enfance,
- un second chapitre concernant la mise en cohérence des données
chiffrées,
- un troisième chapitre sur la question des pratiques.
Premier
chapitre
Protection de l'enfance ou «repenser le système sans
l'appauvrir»
Ce chapitre
revêt un double aspect organisationnel et institutionnel. Nous
avons eu quelques difficultés à trouver un titre qui puisse
rendre compte d'une position générale. Pour
lire et comprendre cette première partie, il faut d'abord comprendre
que l'ONED ne souhaite pas juger de la nécessité d'une
réforme législative évoquée par un grand
nombre de personnes.
Nous avons
construit ce chapitre en envisageant, le cas échéant,
les questions que le législateur devrait se poser et nous avons
également imaginé les réformes ponctuelles à
entreprendre si aucune réforme de fond n'avait lieu. (cf.
rubrique suivante). Si une réforme législative est
mise en place, ces points devraient également être pris
en compte. Mais l'ONED n'a pas à décider si une loi doit
être rédigée.
La rédaction
d'une loi prend du temps. L'Appel des Cent la réclamait. Le communiqué
du cabinet du ministre, le jour de la remise du rapport, évoquait
le fait qu'il avait l'intention de préparer une loi. Cette décision
politique n'était pas du ressort de l'Observatoire.
Quoi qu'il
en soit, il est bien évident que l'amélioration des pratiques
ne sera pas assurée par la seule transformation du dispositif
institutionnel. Ce chapitre y est certes consacré, mais il ne
prétend, en aucun cas, que ce changement soit suffisant.
Second
chapitre
Données statistiques
Nous avons
analysé l'ensemble des bases existantes, axées sur les
activités et non sur les enfants (appels téléphoniques,
nombre de condamnations
).
Nous proposons
donc de constituer une base longitudinale par enfant permettant de comprendre
chaque parcours dans la durée depuis la première mesure
entreprise.
Troisième
chapitre
Pratiques de prévention, de dépistage et de prise en
charge
Le point
clé, souligné par de nombreux rapports, et notamment par
une journée d'étude organisée par le CREAI Rhône-Alpes
(1) à laquelle j'ai participé, consiste en la nécessité
absolue de supprimer l'opposition contrainte entre AEMO et placements.
Cette nécessité
induit la rédaction de textes juridiques traitant en particulier
du problème de la responsabilité. En effet, si l'enfant
est placé et qu'il rentre ensuite à son domicile, le service
d'accueil peut être considéré comme responsable.
Nous devons par conséquent modifier les textes.
Contrairement
à certains rapports, l'ONED n'insiste pas sur l'idée d'une
troisième mesure. L'approche de l'ONED se rapproche ainsi davantage
de la diversité recherchée et de la construction de mesures.
QUELQUES
QUESTIONS
Dans l'hypothèse
d'une réforme, nous nous sommes donc posé un certain nombre
de questions.
S'agira-t-il
d'une loi de protection de l'enfance ou sur le droit des enfants ?
Cette question
est relativement large puisqu'elle permet de s'interroger sur les attributions
de cette loi.
Madame
Ségolène ROYAL fut ministre de la famille durant la présidence
française. Elle a initié la création par l'Europe
d'une réunion des ministres chargés de l'enfance : le
«Groupe intergouvernemental». Un comité, «Child
on Europe», fut mis en place en qualité d'observatoire
européen. Or, la France, qui avait créé un observatoire
européen, n'avait même pas d'observatoire français.
Comme on peut le constater, les termes sont ainsi très distincts
: nous sommes l'observatoire national de «l'enfance en danger»,
tel que l'amendement l'avait nommé. Il était pourtant
prévu initialement la notion «d'enfance maltraitée».
Enfin, l'observatoire européen se nomme «Child on Europe»,
soit «L'Enfant en Europe». Le champ d'investigation
est ainsi beaucoup plus large. C'est la raison pour laquelle nous sommes
concernés par le Bureau de la famille et de l'enfance qui renvoie
certaines questions telles que la délinquance des mineurs, la
scolarité ou la santé des enfants aux autres administrations.
Cette question
du périmètre de la loi, qui demeure très vaste,
prend toute son importance dans le conflit très affirmé
par certains entre ces deux positions que sont la protection et le droit
des enfants. Ce débat n'est donc pas évident à
traiter puisqu'il est question de l'intérêt de l'enfant.
Je tiens
toutefois à signaler qu'il ne faut pas confondre le débat
sur l'intérêt «supérieur» de
l'enfant (dont les conséquences seraient importantes, notamment
en termes de jugement de divorce) avec le débat sur l'intérêt
«général» de l'enfant, qui traite du maintien
des liens et de projets éducatifs stables. Nous devons donc distinguer
le débat sur la place de l'enfant dans le système social
et en tant que citoyen, de la question de la légitimité
des actions ponctuelles dans son intérêt.
Comment
redéfinir les champs d'intervention de la protection administrative
et judiciaire ?
La protection
administrative et judiciaire nécessite une étude plus
approfondie sur son champ d'intervention.
L'entrée
dans le système
L'ONED
suggère une entrée unique au Conseil général
par une cellule spécialisée, responsabilisée et
réputée sur le territoire national comme le proposait
le rapport NOGRIX.
En effet,
les professionnels de «première ligne» (enseignants,
animateurs sportifs, gendarmes), ainsi que les proches de la famille,
ignorent si l'aide réclamée relève de la prérogative
du président du Conseil général ou de celle du
Parquet. Du fait de la grande diversité d'actions des Parquets
et du Procureur, nous l'ignorons également. Une situation
«criminisable» ou d'urgence relève-t-elle du
Parquet ou du Conseil général ? Les Parquets nous confirment
que, dans la plupart des cas, les cas d'urgence sont traités
par le Conseil général.
Nous devons
également tenir compte de l'accord de la famille sur la décision
de l'intervention. Nous pouvons clairement observer la réaction
du Parquet à ce sujet par le renvoi de très nombreuses
situations après la première audience dans la mesure où
il a réussi à convaincre la famille d'accepter la mesure
administrative.
C'est la
raison pour laquelle nous estimons qu'il est essentiel qu'une cellule
professionnelle, sous la responsabilité du Président du
Conseil général, puisse décider pour chaque situation,
si elle relève ou non du Parquet. La présence du Parquet
reste naturellement identique. Pour ce faire, cette cellule devra être
connue au sein du département.
La
place exacte du juge
Cette question
a fait l'objet d'un grand nombre de réflexions. En
premier lieu, contrairement aux autres juges, un juge pour enfants n'est
pas dessaisi d'une affaire dès lors qu'il a rendu un jugement.
En second lieu, la révision des situations tous les deux ans
a été remise en question. L'ONED a cherché une
solution pour que cette révision ait bien lieu tout en s'assurant
que la famille d'accueil de l'enfant ne soit pas systématiquement
remise en cause. Pour autant, nous ne devons pas faire semblant de croire
que toutes les situations pourront être modifiées au bout
de deux ans.
Nous estimons
par ailleurs que le juge pour enfants est très souvent amené
à prendre des décisions sur des points qui relèveraient
plutôt de l'action éducative concrète. Le débat
perdure sur les interventions du juge, non seulement dans son champ
d'action, mais aussi en tant que cadre éducatif sur la manière
de mettre en uvre certaines actions. J'estime que cet élément
pourrait être facilement recadré.
Quelle
coordination entre juge des enfants, juge aux affaires familiales et
juge aux tutelles ?
Un grand
nombre de dossiers ont en réalité fait l'objet de décisions
contradictoires. Cette coordination concerne même les juges d'instruction
lorsqu'un dossier pénal est créé. Des examens sont
parfois menés à deux reprises par manque de communication
entre deux juges.
Le législateur
devra s'interroger sur la nécessité d'un juge unique pour
les affaires familiales. Cette question sera certainement débattue
prochainement.
Certains
éléments n'ont certes pas besoin d'une réforme
législative mais ils restent néanmoins nécessaires.
La
cohérence des interventions de l'Etat
L'Etat,
en matière de protection de l'enfance, doit parler d'une seule
voix. Nous recevons continuellement des propositions concurrentes. Ainsi,
trois ministères ont fourni à trois associations des tapis
de souris différents pour montrer aux enfants comment utiliser
internet. Une concertation préalable aurait certainement été
plus judicieuse. Les exemples sont très nombreux.
De plus,
nous constatons la juxtaposition de deux services d'assistance téléphonique
: «Allo 119», imposé par la loi, et «08 Victimes»,
créé par Madame GUEDJ, mais qui n'a pas de compétences
en matière de protection de l'enfance. Les collaborateurs du
«08 Victimes», relevant du ministère
de la Justice, s'étonnaient de ne pas avoir reçu d'appels
suite à l'incident des voitures brûlées dans les
banlieues. En revanche, la «délégation aux victimes»,
relevant du ministère de l'Intérieur, a été
submergée d'appels alors qu'elle n'était pas équipée
pour les traiter. Les différentes délégations pour
les victimes créent ainsi une véritable confusion.
Un Comité
interministériel de l'enfance maltraitée a été
créé en 1997, présidé par le Premier ministre.
Or, aucune réunion n'a eu lieu. Cette proposition n'a tout simplement
pas été suivie.
Nous avons
toutefois été entendus par les ministres de la Famille,
de la Justice et de l'Education Nationale sur l'absolue nécessité
de la préparation commune d'une loi.
En tout
état de cause, les concepts de l'enfance en danger, d'une part,
et de l'enfance maltraitée, d'autre part, ne coïncident
pas. Cette inadéquation reste relativement problématique.
D'autres
propositions
Par ailleurs,
nous avons élaboré un certain nombre de textes pour :
- clarifier
les critères des saisines des Parquets.
- déterminer
les compétences d'intervention des Parquets. Cette action
concerne notamment les demandes d'enquêtes auprès des services
des Conseils généraux, à l'échelle nationale
et non départementale.
- renforcer
le rôle des Conseils généraux et admettre que la
saisine des services du Conseil général équivaut
à celle du Parquet. Nous faisons ici allusion aux textes
sur l'obligation générale de signaler toute personne susceptible
de révéler des faits (Code pénal, Code de procédures
pénales pour les fonctionnaires ou Code de la santé publique
pour les puéricultrices). Le Parquet est systématiquement
concerné par ces trois textes, ce qui rend l'organisation sérieusement
complexe. Si nous souhaitons mettre en place une cellule unique, capable
de répertorier chaque fait, nous devons faire en sorte que la
saisine de cette cellule soit aussi importante.
-
élaborer des textes pour l'Education nationale. Par
ces textes, nous demandons une distinction plus nette entre les problèmes
de violence intra-familiale et les violences entre enfants ou par rapport
à l'absentéisme.
- créer
des normes minimales pour chaque département. Ces normes
seront accompagnées par un renforcement des contrôles,
notamment en estompant les écarts budgétaires trop importants
signalés par un grand nombre de personnes. Les actions ne peuvent
être aussi efficaces si le budget alloué est moindre. Cette
question cruciale soulève un problème plus profond que
de simples questions institutionnelles.
- mettre
en place un module de formation nécessaire à tous les
professionnels de «première ligne». Ce module
concernera notamment les enseignants.
- favoriser
les formations interprofessionnelles en formation continue. Ces
formations devront intéresser les éducateurs, les policiers,
les magistrats, les médecins
Seule une analyse conjointe
des situations permet de comprendre le positionnement et le raisonnement
de tout professionnel concerné.
__________
(1) Innovations
et expérimentations en Protection de l’Enfance - Pour une veille partagée
et un échange d’expériences.
Journée d'étude du CREAI Rhône-Alpes du 7 juin 2004
à Lyon.